MINI TRANSAT : Davy Beaudart revient sur son abandon, en catégorie prototype

MINI TRANSAT : Davy Beaudart revient sur son abandon, en catégorie prototype

Davy Beaudart, engagé dans la Mini Transat Iles de Guadeloupe avec le MAXIMUM et grand favori de l’édition, a annoncé hier soir à l’organisation de course qu’il abandonnait.
Peu après le départ de la seconde étape de la course, Davy a décidé de faire escale technique à Fuerteventura lorsque son spi Medium s’est déchiré de tout son long. Il était alors tout près de la terre ; Réparer semblait être la meilleure option. La suite ne s’est pas déroulée comme prévu pour Davy.
Entre regrets et déception, le skipper revient sur son abandon.

Une escale technique pour se remettre vite dans le match

« Au bout de 3 heures de course, mon Spi Medium s’est littéralement explosé. Pour bien comprendre, c’est le spi qui sert presque 80 % du temps sur la route jusqu’aux Antilles. Il me restait donc le code 5, le petit spi, utilisé au delà de 25 nœuds, et puis le grand spi, que l’on sort jusqu’à 15 nœuds. Bref, je savais que sans ce spi, j’allais perdre sur les autres concurrents. J’ai choisi de rejoindre le port le plus proche et de réparer en 12 heures (ndlr : escale technique accordée, min 12 heures, max 72 heures). J’avais 9 heures d’avance ; J’ai décidé de les troquer contre une escale technique pour me remettre vite dans le match. »

Une deuxième avarie constatée

« Je suis arrivé le soir d’Halloween. Il n’y avait personne au port. Le lendemain, j’ai finalement trouvé un voilier qui voulait bien réparer mon spi. Je me suis ensuite aperçu que j’avais une fissure sur le tableau arrière, ferrure basse bâbord. J’ai alors perdu encore un peu de moral, déjà tombé bien bas. Je n’avais pas tous les outils dans mon bateau pour réparer seul. Il fallait donc que j’attende 24 heures supplémentaires, ce qui me ramenait à 48 heures de retard. Cela me sortait définitivement de la compétition. »

Un jugement altéré 

« Si j’avais eu ce problème 6 heures plus tard, je n’aurais pas fait demi-tour. J’aurais probablement continué en cherchant des solutions à bord. J’ai tellement été conditionné comme le favori que je n’ai pas accepté le fait qu’un souci technique puisse venir entraver mes objectifs. C’était d’ailleurs ma plus grosse crainte sur le départ ; une avarie qui bride les performances du bateau. C’est arrivé et je l’ai mal géré. »

Venu pour gagner

« Beaucoup de ministes font cette course pour l’aventure, traverser l’atlantique et se dépasser. Je fais du mini depuis une quinzaine d’années. Sur cette édition, j’y allais pour gagner et c’est pour cette raison que j’ai décidé d’abandonner. J’ai investi beaucoup de temps et d’argent dans ce projet. Je ne pouvais pas me permettre de repartir juste pour traverser et prendre le risque d’abimer encore plus le bateau. Maintenant que je suis à terre et que j’ai suffisamment de recul, le seul regret que j’ai, c’est de m’être arrêté. »

Rebondir pour mieux y retourner ! 

« Je dois maintenant m’occuper d’organiser le rapatriement du bateau. Je vais retrouver ma famille et reprendre le travail. Je dois tirer les enseignements de mes échecs pour apprendre à mieux les gérer. Le projet c’était de vendre le bateau après la Mini Transat, donc si je refais du mini, cela ne sera pas avec le MAXIMUM. J’aime naviguer et la voile de compétition, donc je n’ai pas prévu d’en rester là. »